PERSONNE N’A LE DROIT D’ÊTRE HEUREUX TOUT SEUL

Ce matin 8h15, je quitte Abidjan. Direction: la ville d’Adzopé. Je n’y suis jamais allée, mais on m’a rassurée que c’était très facile d’accès: il suffit de suivre l’autoroute, à partir de la prison civile de Yopougon, et aller tout droit par la route d’Anyama, puis continuer, sans jamais tourner jusqu’à destination.
Rien que 89 kilomètres à parcourir!

Je suis agréablement surprise de constater que le bitume est en très bon état. C’est ainsi que, musique à fond, je traverse, plusieurs villages (Offoukoi, Bolobi, Yakasse Me, becedi Brignan, Abié, Annepé, Ayalo, Diapé,Miadzin) jusqu’à atteindre Adzopé aux environs de 9h45.

Le plus périlleux commence a ce moment là: passé le district sanitaire de la ville, une voie de 8 kilomètres non bitumés, parsemés de crevasses et de graviers rouges, à franchir.
J’ai peur pour mes amortisseurs, mais je m’y engage sans hésiter car la raison de mon voyage se trouve au bout du chemin.
Après 7 kilomètres parcourus, je me retrouve dans le « Village post cure de Duquesne Cremone ». A ce moment là je sais que j’ai encore 1 petit kilomètre à faire pour atteindre mon but: L’INSTITUT RAOUL FOLLEREAU.

L’infirmière qui m’accueille, est très sympathique. Je lui explique la raison de ma visite. Je suis là pour rencontrer les lépreux (et autres malades de la peau) et partager quelques heures avec eux. J’ai envie d’écouter leurs histoires, de voir dans quelles conditions ils vivent, de savoir leurs préoccupations…
En bref: je veux me mettre dans leur peau, comprendre leurs douleurs, voir à travers leurs yeux.

Je fais donc le tour de ce grand institut.
Premier constat: les ruelles sont propres. Normal pour moi…

Pourtant, je ne mets pas longtemps à constater que les bureaux de soins et les chambres des malades sont dans un état assez vétustes. Je découvre des lits cassés, avec comme sommiers de remplacement, quelques briques, des moustiquaires qui certainement ne jouent plus leur rôle depuis un moment…et surtout la triste voix des malades.

De mes discussions avec ces oubliés de tous, je me rends compte de leur grande détresse!

Le président des lépreux m’explique que:
– L’électricité fait défaut depuis un moment, ce qui est peu pratique la nuit vu que le groupe électrogène ne marche pas. J’imagine alors comment doivent se passer les interventions chirurgicales… Mon Dieu!
– Le seul car de l’institut est en piteux état, ce qui fait que souvent il est impossible de pouvoir ramener des médicaments de la ville.
– La pharmacie interne est peu fournie (et ça c’est un euphémisme)
– La plupart des malades ne bénéficient pas de prises en charge, et sont donc obligés de supporter seuls les frais médicaux. Quelques uns ont la chance d’avoir le soutien des prêtres catholiques capucins et bénéficient de quelques dons extérieurs…quoique de plus en plus rares!!!

Moi, je me dis qu’elle est très loin l’époque des années de grâces de l’Institut; Papy Raoul devrait se retourner dans sa tombe! Même les Sœurs, qui y résidaient, ont abandonné les lieux, laissant seul un prêtre pour dire les messes (de requiems?)

Je réalise vraiment la précarité des conditions de vie des malades et me demande ce que le Directeur de l’institut en pense…malheureusement il n’est pas là. Je ne pourrais donc pas lui poser la question.

Je constate, malgré tout, une réelle complicité entre le personnel soignant et les malades. Un bon point. C’est déjà ça

Je repars, avec la conviction que cette visite ne sera pas ma dernière. On aura du chemin à faire ensemble.
J’aime déjà ces nouveaux amis, soignants comme malades. Je me suis même fait adopter de force par maman Sally! Lol!
 
Mon message pour ceux qui me liront :
Ces personnes se sentent seules et abandonnées. Elles ont besoin du soutien de bénévoles pour les écouter et surtout faire des dons utiles!
C’est vrai que c’est financièrement dur pour tout le monde actuellement, mais faisons l’effort de penser à ceux, encore plus démunis que nous, un peu plus invisibles que les autres…

Mon espoir :
Que la (fameuse) prise en charge de l’état soit effective.
Que nos politiques se sentent un peu plus concernés par la souffrance de ces malades…

PERSONNE N’A LE DROIT D’ÊTRE HEUREUX TOUT SEUL (Raoul Follereau)

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10 réflexions au sujet de « PERSONNE N’A LE DROIT D’ÊTRE HEUREUX TOUT SEUL »

  1. Dommage que cette CAUSE NATIONALE de la LEPRE en Cote d’Ivoire n’est pas plus de visibilité dans les différents MEDIAS sur place(télévision,radio,presse écrite et internet).Ca inciterait la population à s’y intéresser davantage et à faire des DONS pour les MALADES.Des collectes de fonds peuvent etre organisés par les BENEVOLES pour aider les plus fragiles et démunis à bien se soigner et dans les MEILLEURES CONDITIONS.Aller à la rencontre de ces personnes isolés et leur apporter cette part d’humanité est en soit déjà un geste très fort et qui prend tout son sens. Dans une société devenue individualiste,ou le chacun pour soi prime,se rendre utile pour les autres est si rare de nos jours.Pourvu que ton message soit entendu par le plus grand nombres d’individus ou qu’ils soient.Oui,personne ne peut etre heureux si personne ne se préoccupe de votre sort.Que ton ENGAGEMENT à cette cause porte ses fruits et qu’une mobilisation naisse…

  2. C’est super d’avoir donné de ton temps pour aider les autres.
    La lèpre fait partie des causes négligées un peu partout.
    Les gens ont souvent peur de devenir lépreux sils ont le moindre contact rapproché avec une personne qui en souffre et il y a certaines croyances mystiques associées (en Afrique de l’Ouest en tous cas), qui n’arrangent rien du tout.
    Tu peux peut-être essayer de mobiliser du monde en insistant sur le volet affectif, communication, dans le sens, OK vous n’êtes peut-être pas tous en mesure de donner de l’argent ou du matériel mais vous pouvez donner un peu de temps, ne serait-ce que pour discuter.

  3. La blogueuse MISS AYO DELE vient de diffuser ton post sur son blog,une façon à elle de t’apporter son SOUTIEN et pour une meilleure visibilité pour les personnes de la DIASPORA.Elle vit sur Paris,on s’est vu VENDREDI.Une belle rencontre avec cette JEUNE FEMME de 30 ans passionnée de MODE en autre.C’est grace à son intervention sur ton blog que ça pu se faire.Merçi encore à toi.J’espère qu’un jour nous nous verrons toutes.Ton confrère blogueur YORO était en FRANCE.Par manque de temps,je n’ai pu le voir.Il retournait sur Abidjan ce Lundi.Ce n’est que partie remise comme il le dit lui-meme.Passer du virtuel au réel est pas mal… en tout cas si j’ai des COMMISSIONS pour les blogueurs et s’il est d’accord je passerais par lui… Tu es sure que tout va bien pour toi FamChocolat,je te trouve moins bavarde qu’avant.A bientot!!!!!

    • Aaah sista je savais que tu allais faire cette remarque. Lol! Rassure toi je vais bien, juste un ptit peu plus débordée, et souvent fatiguée ce qui fait que j’abrège mes pensées. Sorry, j’y remedierai très bientôt 😉

      Super contente de savoir que Miss Ayo Dele et toi avez pu vous rencontrer. No problème pour que tu te serves de Yoroba comme relais. C’est sur que vous aurez l’occasion de vous voir lors d’un de ses tours par la France.
      Le comble c’est que nous mêmes blogueurs de babi ne nous rencontrons pas tant que ça. On devrait y penser en tout cas pour partager nos experiences…

      Big bizu et très bon debut de semaine.

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