CENSURE

Qu’on me donne la censure
Pour que je la traite à ma mesure…

Aux gens trop bien pensants
Que je les nargue de mon esprit dansant!

Qui mieux d’ailleurs que moi
Pourrait mettre barrière à mes émois?

Que d’éphémères désarrois
Qu’ils s’échinent à ériger en droit.

Qu’on me donne la censure
Pour que je la possède à l’usure!

De cette conscience la mienne
Pas plus débile que leurs raisons d’hyènes…

Je m’insurge contre la cassure
Des âmes faibles de leurs sens trop sûrs.

Et les invite gentiment autre part d’aller paître
Mon doigt bien tendu en l’honneur de leur savoir-être!

Qu’on me donne la censure…
Pour que je vous la renvoie à la face
De vous, oh fourbes créatures
Je n’ai que faire d’une quelconque grâce!

Publicités

Marie-Jeanne

C’était elle qui m’avait fait la cour, la Marie-Jeanne,
Un soir en me prenant de court, cette fille aux airs d’afghane.
Elle avait l’allure rassurante, la belle courtisane,
Si douce et envoutante à me tenir comme son âne.

Son emprise était certaine, gramme après gramme,
Me réduisant à petit feu, bouffant quelques parts de mon âme.
Damné, je m’égarai peu à peu dans un mélodrame,
A ne comprendre que dalle à la tristesse de la trame.

Elle m’était pourtant douce, aussi tendre que de la badiane,
Une porte ouverte d’aéroplane, pour explorer toutes sortes d’arcanes.
Avec elle, je pris le pari d’une vie parallèle sans lucarne,
Occultant obstinément, chaque partie de moi qui se fane.

Et c’est elle qui, désormais, me tire la langue et ricane,
Sans compassion aucune devant mon corps qui ahane.
Elle était sensuellement belle, au départ, la Marie-Jeanne,
N’eut été que traitreusement elle m’avait rendu toxicomane.

Salade de fruits défendus…

Pêche:
Qui m’étreint lentement et m’enveloppe de sa caresse.
Qui aurait dû être, pour sûr, la porteuse du péché originel.

Fraise:
Cœur fondant confit dans des bouches avides d’amour.
De dentiste, moins sensuelle, qui engendre d’autres émois.

Pomme:
D’Adam, pauvre crédule qui la goba de travers!
D’amour, toute luisante de candide coquinerie.

Poire:
Qu’elle est belle Hélène dans sa coulante robe chocolatée,
Qu’on en oublierait même qu’aussi niaise elle est pour de vrai!

Banane:
Si elle n’excellait que par ses valeurs nutritives et son split,
On ne l’assimilerait pas si souvent à un jeu suspect d’adulte!

Pastèque:
Bien ferme d’où jaillit d’exquises sensations.
Par temps de chaleur désaltère les gorges sèches.

Fruit de la passion:
Trahi au jour du baptême, condamné à vivre dans la luxure.
Mais en fait de passion, celle du Christ donna t-elle du fruit?

Melon
Figue
Ananas
Kiwi
Abricot
Goyave
Mûre…

Autant de fruits sages,
Qui dévoilent parfois l’autre face de leurs âmes,
Celle de fruits défendus, entre des lèvres fendues…

Parce que de toi seul ma vie a encore le manque

Tes cheveux frisés à la douceur du coton

Ton petit nez qui aspire peu à peu l’oxygène de la vie

Tes joues aussi moelleuses que deux donuts au chocolat

Tes yeux noisettes avides de joyeuses découvertes

Ta bouche rose gourmande comme un bouton d’amour

Ton sourire espiègle présage de toutes sortes de malices

Et toute cette bouille candide qui illumine mon regard

Qui s’éloigne et s’égare dans les méandres de mon âme

Image floue, espérance incertaine

Pourtant je me ferais une joie de t’accueillir en moi

Si tu voulais bien décider de me choisir comme maman

Parce que de toi seul ma vie a encore le manque…

Ton Absence

Lentement je me languis de toi
Et un vide béant grandit au tréfonds de moi
Chaque seconde fragilise mes moindres émois
Perfidement m’entrainant dans le désarroi

Quelle est cette torture vive et soudaine
Qui fait vaciller mon cœur dans la peine
L’entrainant sans la moindre gêne
Vers un torrent vociférant sa haine

O mon Dieu quelle piètre indécence
De ne pouvoir soutenir ton absence
A l’affût de ton unique présence
Qui à ma vie donne tout son sens

Mais au fond certaine que nos contresens
Sont le simple reflet d’un amour évanescent

Une fleur nommée Rita

Elle avait décidé de semer par tous les champs
Un zeste de sa verve à distiller comme un chant

Pèlerine volubile
Elle craignait toutefois la bile
De quelque hôte peu subtile
De dire de ses notes qu’elles l’obnubilent

Elle m’avait intriguée de ses pétillantes pétales
Moi la louve solitaire lorsqu’elle franchit mon dédale

Entre méfiance et apprivoisement
Il s’était installé lentement
Un soupçon d’émerveillement
Une grande affinité apparemment

Je la savais fragile la fine et joyeuse fleur
Aussi tellement sensible que tout lui tenait à cœur

Mais un jour mes griffes maladroites
Sans aucune mauvaise intention
La foudroyèrent en pleine droite
La mettant soudain en affliction

Elle exprima avec rage la douleur soudaine de son cœur
Mais en reprenant sa valse sans jamais garder de rancœur.

Merci à toi pour l’intérêt que tu portes à la blogosphère ivoirienne
Toi que j’appelle affectueusement ma sista
Toi la Fleur nommée Rita.
RITAFLOWER ce p’tit bouquet de mots est pour toi…

Labyrinthe d’un coeur

Je m’étais promise en amour
De toujours rester à bonne distance
De coups de folie ou de raisonnables détours
En accord avec tout pour faire résistance

J’en avais exploré des terres bien arides
Avec des veines solides enguirlandées de rides
D’espérances en expériences je n’en fus point satisfaite
Autant les jours passaient qu’il me fallait ployer le faix

J’ai donc décidé de voir ailleurs
Des territoires aux herbes plus vertes
Gage de joyeuses découvertes
Parsemer surement de fraiches leurres

J’ai souvent eu le goût de paris délires
Qui s’amusaient fièrement à frôler le pire
Mais quand l’amour fatalement se distend
Sans cesse il faut lui redonner sa chance

Je demeure à la quête d’un juste milieu
Entre contrée proche et corps à mille lieux
Avec cette soif de m’enivrer d’extase
Pour succomber sans regret un jour d’une épectase!